Plantes sauvages comestibles

Les mélèzes qui enchantent, avec leurs couleurs chatoyantes, les paysages montagnards, produisent également une délicieuse liqueur. C’est d’ailleurs l’autre grande liqueur de la montagne avec le Génépi que l’on ne présente plus ! Au fil de nos escapades, je ne manque jamais de constater que les habitants des régions alpines savent tirer le meilleur de la nature. Tout simplement parce qu’ils ont su rester très proches d’elle. 

Des centaines de plantes comestibles nous entourent et il suffit de se baisser pour les ramasser. A condition de savoir les identifier, bien entendu ! Mais aussi d’en connaitre les usages et de les choisir dans des lieux non pollués. Avec les plantes sauvages, c’est tout un monde de saveurs nouvelles et originales qui s’offre à nous. Elles apportent une infinitude de possibilités insoupçonnées et sont riches également en éléments nutritionnels. Les plantes sont de véritables compléments alimentaires, sains, savoureux et gratuits !

Le livre « Plantes sauvages comestibles » de l’ethnobotaniste François Couplan paru chez Larousse vous propose d’explorer le vaste domaine des plantes sauvages comestibles .
 
A la fois pratique et informatif, ce livre fait un tour d’horizon de ce que la nature nous offre dans nos régions. Car cueillir notre nourriture s’inscrit dans la lignée d’une longue tradition que l’agriculture a hélas reléguée au second plan, voire contribué à faire disparaitre. Or, nous avons évolué en nous nourrissant de plantes sauvages et peu à peu, mode du naturel aidant, celles-ci reconquièrent leur droit de cité. Même si la cueillette peut parfois effrayer, à cause de la toxicité de certaines plantes, elle est source de bien-être profond car elle a le don de nous connecter à la nature et donc à notre propre nature.

Dans son livre, François Couplan nous présente plus de 200 plantes parmi les plus fréquentes de nos régions classées suivant le type d’environnement où elles poussent : champs et jardins, bords de chemins, prairies, bois et forêts, bords de mer, haies et lisières, montagne etc … Pour chaque catégorie, les plantes sont classées par ordre alphabétique et décrites de façon précise avec leur différentes utilisations. L’auteur nous propose également des recettes testées par ses soins : Alligot au Chénopode blanc, quiche de Pourpier, yaourt aux fruits de Carotte sauvage, sablés au Mélilot, beignets de Consoude, sirop d’Epicéa, farcis de Bourrache etc… En lisant ce livre, j’ai appris que les Epilobes aux magnifiques fleurs d’un rose pourpré que j’ai photographiées lors de la belle saison dans le Mercantour étaient comestibles ! On peut consommer leurs jeunes pousses comme légume, leurs feuilles donnent une délicieuse boisson au goût fruité et décorent aussi harmonieusement les salades.

Alors que nourrir l’humanité sera le grand défi des années à venir, nous pouvons suite à la lecture de ce livre nous poser la question suivante : « Et si les plantes sauvages comestibles étaient l’une des solutions ? ». En effet, se rapprocher de la nature peut contribuer à résoudre efficacement les problèmes de notre société déconnectée de l’essentiel. Car les cadeaux de la nature ont la faculté de nous ouvrir au monde et c’est cette ouverture qui pourra à la longue modifier notre comportement vis à vis de l’environnement, des autres, et de nous même.